Ne m'appelez plus Mademoiselle...
Non, ne m'appelez plus Mademoiselle,
Je suis mariée, je suis une Madame,
J'ai enfanté d'une petite fille qui me manque, je suis sa maman,
Je suis une maman désenfantée.
Alors non ne m'appelez plus Mademoiselle,
Car je n'en ai plus l'insouciance,
Ne m'appelez plus Mademoiselle,
Car en faisant cela vous niez ma maternité.
Même si vous ne me connaissez pas,
Même si vous croyez flatter ma coquetterie,
Ne m'appelez plus Mademoiselle,
Ce mot désormais me blesse.
J'étais Mademoiselle lorsque j'étais la fille de mon père,
Désormais je suis l'épouse de mon mari,
Et la mère de ma fille,
Il n'y a plus de Mademoiselle, c'est fini.
Vous essayez de me faire penser à autre chose,
Je vous avoue que si on ne me parle pas d'elle,
Ça ne m'intéresse pas plus que ça,
Mon enfant vit en encore en moi.
Elle occupe toutes mes pensées,
Mon corps la cherche encore,
Ma Rose n'a pas eu le temps d'éclore,
Et j'ai encore la marque de ses épines sur moi.
Chaque fois que je peux évoquer son nom,
C'est une victoire sur son absence,
Chaque fois que je peux la faire exister,
C'est un maigre réconfort.
Vous passerez tous à autre chose,
Je le comprends, plus facilement, plus vite que moi,
Elle hantera toujours mon cœur,
Et mes larmes seront toutes pour elle.
Je ferai semblant d'être avec vous,
Mais en vérité je ne suis qu'avec elle,
Je m'accrocherai à continuer cette vie,
Mais j'aurai toujours hâte de la retrouver.
Je vis dans un paradoxe, je m'accroche,
Mais elle est quelque part sans moi,
Elle est quelque part sans sa maman,
Et moi je dois continuer à remplir cette vie sur terre.
Je ne suis plus une jeune fille,
J'ai enfanté dans la douleur du deuil,
J'ai 30 ans, un mari et un enfant,
Un enfant qui n'a pas crié.
Alors non, ne faites plus cette erreur de m'appeler Mademoiselle,
Observez l'alliance à mon annulaire, mon mari à mes côtés,
Observez la médaille tout près de mon cœur,
Elle contient le nom de ma fille envolée.