Couvage...
L'endomètre et le follicule étaient beaux. Jeudi dernier j'ai donc eu droit à ma piqûre de déclenchement de l'ovulation et dimanche ils ont décongelé nos petites graines....
Lundi matin coup de fil pour confirmer le replacement de 2 embryons, mais coup de massue. Pour obtenir 2 embryons à replacer, ils ont dû décongeler les 6 embryons qu'on avait... 4 d'entre eux n'ont pas tenu le coup lors de la décongélation, ils se sont détruits.
Et la perte de 4 brybrys me rend triste, elle signifie que si jamais ce TEC était négatif, je devrais recommencer une FIV complète, avec stimulation, ponction et douleurs...avec congés maladie, absences longues de mon boulot et le fait de devoir composer avec les départs en formation...
Si jamais ce TEC était négatif, il n'y aurait plus rien de ces brybrys si spéciaux, jumeaux de procréation avec Rose... Si jamais ce TEC échouait...mes futurs enfants n'auraient jamais croisé leur sœur dans l'éprouvette.
Enfin bref, pour l'instant je dois positiver, car les deux qui ont tenu sont des warriors, ils reviennent de loin, ils reviennent du froid, ils ont survécu à un passage de -200°C à +37°C en 5 minutes et ils ont repris leur activité de division cellulaire... Après avoir survécu à ça, la nidation devrait être un jeu d'enfant pour eux...du moins je l'espère.
Je m'appuie aussi sur le fait que je sais que mon corps peut porter la vie, et qu'il me reste quelques hormones de ma précédente grossesse qui peuvent favoriser l'implantation d'un ou deux p'tits bébés...
Il faut que je croie en eux, d'après le gygy on a 40% de chances d'implantation au vu de leur qualité, alors que d'habitude un TEC de 2 brybrys c'est 15 à 20%...
Alors hier, après reçu en moi le spéculum et le cathéter, j'ai vu sur l'écran d'échographe le petit point blanc qui se déposait dans mon ventre. Ce petit point blanc qui est la goutte d'eau contenant nos deux petits projets.
Et j'ai pleuré un peu lorsque j'ai du patienter 20 minutes avant de pouvoir me relever, j'ai pleuré un peu parce que j'ai eu le sentiment de jouer gros à cet instant, j'ai pleuré un peu car je pense toujours à ma petite fille et que c'est la première fois depuis son départ que j'ai eu le sentiment d'accueillir la vie en mon sein, j'ai pleuré un peu parce que tout cet espoir se mélange à du pessimisme, l'impression que la chance ne veut pas nous sourire, que la vie veut nous reprendre tout ce pour quoi on lutte si fort, j'ai pleuré un peu parce que tous ces sentiments en moi c'est pas facile à gérer.
Maintenant je couve,je viens de passer deux jours à larver dans mon lit sur consigne médicale, avec mes peurs irraisonnées (si je fais pipi je risque pas de contracter et de les expulser? oh non faut pas que j'éternue! mince entre le parking et chez nous il y a un petit quart d'heure de marche dans la neige faut pas que je tombe! si je dors trop sur le côté est-ce que je vais pas provoquer une GEU?).
Demain je dois me forcer à reprendre une vie normale, ou du moins aussi normale que possible quand on attend un verdict aussi important. Le verdict sera le 31 décembre, en attendant je dois me détendre au max, me détendre dans l'intérêt des brybrys, dans l'intérêt de ma muqueuse...
Le 23 on me fait une piqûre supplémentaire pour les aider à s'implanter, pour l'instant je suis déjà à m'administrer mon utrogestan dans la cavité recommandée, l'utro me fait dormir, c'est toujours ça de pris, mais l'utro c'est toujours aussi peu ragoûtant (détail sur lequel je ne m'épancherai pas ici mais que toutes les filles en PMA connaissent, l'utro c'est l'utro-dégueu).
Je dois espérer mais je dois aussi garder à l'esprit que même lorsque toutes les conditions sont réunies, la nature seule décide et quand elle décide que non, c'est non. Mais elle peut aussi décider que OUI...
Phase psychottage enclenchée,le vol au pays de l'attente durera déjà 12 jours, en attendant les passagers sont priés de se détendre comme ils le peuvent, on verra pour la douceur de l'atterrissage, et on verra si celui-ci sera brutal dans 12 jours ou bien si l'envol continuera neuf mois et se terminera pour se poser en douceur au pays du bonheur...